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Samedi 25 juin 2022
Spartacus : la réponse de Sony au Game Pass de Microsoft

Spartacus : la réponse de Sony au Game Pass de Microsoft

Alors qu’en ce début d’année, toute l’industrie vidéoludique est ébranlée par l’annonce de l’acquisition d’Activision Blizzard par Microsoft, des questions légitimes se posent sur l’avenir des autres compagnies, et tout particulièrement sur celui de Sony. Un premier élément de réponse pourrait venir de l’annonce de Spartacus, le futur service de Sony visant à concurrencer le Game Pass, l’offre d’abonnement qui est déjà parvenue à attirer plus de 25 millions d’abonnés.

Un retard qui s’annonce difficile à combler

Ce chiffre de 25 millions d’abonnés a été communiqué tout récemment par la firme de Redmond. En un an, le nombre d’utilisateurs a donc progressé d’environ 7 millions, et l’arrivée d’Activision Blizzard devrait permettre à ce service de rencontrer un succès toujours grandissant. Dans sa version Ultimate, le Game Pass regroupe aujourd’hui également le Xbox Play Anywhere, qui permet de jouer aux versions numériques de jeux Xbox sur console et sur Windows 10 et 11, ainsi que le Xbox Cloud Gaming, qui offre la possibilité de jouer à des centaines de jeux console et PC en streaming.

Face à un tel succès et à une telle puissance de frappe, que peut vraiment faire Sony ? Dans un premier temps, Spartacus devrait surtout se contenter de regrouper plusieurs services déjà présents, pour proposer une offre plus complète et plus à même de rivaliser avec le Game Pass. Le PS Plus, qui permet de jouer en ligne, d’accéder à des promotions et d’avoir chaque mois des jeux gratuits, devrait donc fusionner avec le PS Now, le service de Cloud Gaming de Sony (qui permet également de télécharger des jeux pour jouer en local sur les consoles correspondantes).

Plutôt que d’avoir accès à deux abonnements différents, les joueurs PlayStation devraient donc prochainement se voir proposer un seul abonnement, qui serait toutefois décliné en plusieurs variantes. La version basique de Spartacus proposerait donc simplement l’équivalent du PS Plus actuel, une version étoffée y ajouterait l’accès aux jeux en streaming, et une version encore plus complète pourrait également donner accès à la rétrocompatibilité et permettre d’accéder à un large catalogue de jeux sortis sur les précédentes consoles PlayStation. Enfin, Sony pourrait aussi tirer avantage de son poids dans l’industrie cinématographique, en proposant aussi un service de VOD.

Des services qui devront s’améliorer pour convaincre

En l’état, même cumulés, tous ces services ne suffiraient pas à réellement concurrencer le Game Pass. L’offre de Microsoft se démarque clairement en étant la seule à proposer à ses abonnés l’accès à de nombreux jeux dès le jour de leur sortie. Et cela ne concerne pas que des titres de studios indépendants et d’éditeurs tiers, puisque tous les jeux exclusifs aux Xbox Game Studios sont présents dans cette formule.

Du côté de Sony, suivre ce modèle semble très compliqué, tant les revenus engendrés par les ventes des exclusivités des studios First Party et Third Party sont importants pour la survie du constructeur. Il serait vraiment étonnant que les prochains gros titres de Naughty Dog, d’Insomniac Games ou de Santa Monica Studio soient accessibles « day one » grâce à un abonnement qui couterait une quinzaine d’euros par mois. Mais face au poids qu’est en train de prendre Microsoft avec son Game Pass, la firme japonaise pourrait bien être contrainte à en passer par là.

Un autre axe d’amélioration nécessaire concerne le PS Now, qui, s’il a progressé ces dernières années, reste encore bien moins performant que les services de Cloud Gaming de Microsoft, de Google (Stadia) ou de Nvidia (Geforce Now).

Une réaction imminente

Une chose est sûre, cette année 2022 marquera un tournant stratégique, et Sony devra faire un choix qui l’impactera pour les années à venir. Microsoft, qui multiplie depuis des années les rachats de studio, vient de frapper un très gros coup en achetant pour près de 70 milliards de dollars l’un des plus gros développeurs et éditeurs de jeux vidéo au monde. Sony a déjà amorcé quelques changements en 2021, en annonçant notamment la sortie sur PC de beaucoup de titres qui étaient exclusifs aux consoles PlayStation. L’arrivée récente de God of War a d’ailleurs prouvé que le plus grand soin était accordé à ces portages. Mais la firme japonaise se doit d’aller encore plus loin et de transformer véritablement son offre pour que celle-ci reste attractive. L’annonce prochaine de Spartacus devrait nous éclairer sur la stratégie qui a été choisie.